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Bolly César est guitariste et chef d’orchestre du groupe « Gowa » d’Oslo en Norvège

« Je suis influencé par la musique de mon terroir »

Publié le 16/07/2008 à 12:00 par sergegrah
« Je suis influencé par la musique de mon terroir »

César Bolly (Artiste-Musicien d’Afro-Jazz)


César Bolly est guitariste et chef d’orchestre du groupe « Gowa » d’Oslo en Norvège. César a étudié la guitare et les percussions de Jazz au conservatoire de Paris et l'académie norvégienne de musique. Comme guitariste et percussionniste, il a accompagné bon nombre d’artistes de Jazz. Avec le « Gowa », César chante essentiellement en langue Dida. Une musique hybride, influencée par divers horizons : l'Afrique, l'Amérique et l'Europe. Il nous parle ici de sa carrière d’artiste, mais aussi de son nouvel album « Ewame ». (A écouter sur http://www.myspace.com/cesarbolly)

Qui est César Bolly ?

César Bolly est un guitariste compositeur et arrangeur qui vit en Norvège depuis 18 ans. Il faut préciser que je suis ivoirien, né à Digako, dans la sous-préfecture de Zikisso (Lakota).

Comment êtes-vous venu à la musique ?

J’ai baigné dans la musique dès mon enfance. Mon père était musicien, compositeur. Il a notamment été le bassiste d´Amédée Pierre dans les années 60 et a composé pour quelques musiciens Ivoiriens dont François Lougah. Je ne pensais pas particulièrement faire de la musique mon métier quand j´étais jeune. J’étais plutôt attiré par les arts martiaux. Mais mon père un jour a composé une chanson dont j´aimais la ligne de guitare. Et je lui ai demandé de me l´apprendre. C´est là que tout a commencé. Je passais des heures dans ma chambre à écouter et décortiquer tout ce que je trouvais intéressant sur des disques. La passion pour la guitare et la musique n´a fait que grandir depuis cette époque-là… Il faut préciser que les choses se sont passées de façon graduelle. Des concerts par ci et par là, des gens t´entendent jouer, apprécient ton travail. Et aujourd’hui, j’ai 25 ans de musique.

Quelles sont vos influences musicales ?

La musique folklorique Ivoirienne. En particulier celle du terroir Dida (Aloukou, Gbegbe, les chants funéraires Dida et Bété). J´adore la musique folklorique ! C´est la musique à l´état pur. Chacun de nous devrait s´en approprier pour la rendre moderne... En plus, j´apprécie beaucoup le jazz pour sa richesse harmonique. J´ai aussi un sentiment très particulier pour la musique brésilienne et cubaine. J´y retrouve l´Afrique. J´aime essentiellement le « Son ». Une musique très similaire à la musique des akans chez nous. Je suis en fait très curieux et ouvert à toute forme de musique. Je suis toujours à la recherche de nouveaux « Sons ».

Comment s’est formé ce groupe dont vous êtes le lead ?

Le nom du groupe est « Gowa » qui en fait est le nom de mon village... Bernard Margarit et moi, nous nous sommes rencontrés au festival de Gnawa au Maroc. C’est l´un des meilleurs guitaristes français. Il a accompagné des artistes comme Johnny Hallyday, Patrick Bruel… Nous avons décidé de faire quelque chose ensemble. Ce qui a donné le groupe « Gowa ».

Comment se sont faites les rencontres avec les autres membres du groupe ?

Håvard Fossum est un saxophoniste Norvégien très connu dans le milieu « Jazz « scandinave. Nous nous étions déjà retrouvés sur des scènes. Quand je lui ai demandé d’intégrer le groupe, c’est avec plaisir qu´il a accepté. Quant à David Bouad, je l´ai connu par Bernard. C’est un grand bassiste français. Son père était le chef d´orchestre chez Johnny Hallyday dans les années 70 et 80. Pour Stevie Jones, nous nous sommes rencontrés au Festival de Jazz « Jazz Plazza » à Cuba. C’est une virtuose américaine du piano qui sort de l´école Berkeley (USA). J´ai été très flatté quand il a accepté de faire partie de mon projet. Soro Mamadou, quant à lui, est un batteur ivoirien qu’on ne présente plus. Il a joué avec Alpha Blondy, Tiken Jah, etc.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre vie de musicien en Norvège...

En Norvège, j´ai d´abord commencé par faire de la musique de théâtre. J´ai composé, arrangé et interprété pour des pièces de théâtre. Peu après, j’ai été sollicité dans des studios comme arrangeur et guitariste, chanteur ou percussionniste... Depuis quelques années, j’ai mon propre studio. Ce qui me facilite les choses. J´aime bien travaillé comme guitariste indépendant. C´est toujours un challenge. Être techniquement prêt à tout moment pour exécuter tout ce qu´on me demande.

Vous venez d'enregistrer un nouvel album, « Ewamé ». Pouvez-vous nous en parler ?

Moi je fais de la musique moderne africaine. Parce que je suis africain, mes fondations musicales sont ivoiriennes et, je chante en Dida. Évidemment à l’heure de la mondialisation, il est impossible de ne pas être influencé par d´autres formes musicales. C’est pourquoi, je reste ouvert à tout style de musique. « Ewamé », le titre de l’album, signifie « Je t´aime » en Dida. J’y traite de l´amour du prochain, de l´amour des enfants, de l´amour de sa Terre, et des rapports difficiles que certaines personnes ont avec l´argent.

Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

L´Afrique et l´Amérique latine. Pour leur richesse rythmique. L´Amérique du nord et l´Europe pour leur richesse harmonique et mélodique. J´ai surtout la chance d´avoir un oncle comme René Babi. René est un homme d´une culture inouïe. Il est comme un mentor pour moi. C'est l'une source de mes sources d´inspiration.

Avez-vous déjà joué en Afrique, notamment dans votre pays la Côte d’Ivoire ?

J´ai joué au Maroc et en Egypte, mais pas encore en Côte d´Ivoire. J´espère avoir cette chance bientôt.

Quel regard portez-vous sur la musique en Côte d’Ivoire ?

Nos musiques traditionnelles sont divines ! Notre musique moderne est en perpétuel mouvement. C´est fou ce que certains artistes arrivent à faire avec le peu d´équipement qu´ils ont. La musique ivoirienne arrive à s´incruster dans le monde. En Europe et aux USA avec la diaspora Ivoirienne et africaine, mais aussi aux Antilles. Dernièrement au Mexique, quand je disais aux gens que j´étais Ivoirien, ils me disaient « premier gahou » ou Coupé décalé.

Quels artistes vous ont marqué et continuent de vous inspirer ?

Oh, il y en a beaucoup et ils ne sont pas tous connu du grand public. Mais pour en mentionner quelques-uns je dirais : Charlie Christian, Bud Powell, Chick Corea, George Benson… Mais surtout François Lougah, Ernesto Djédjé, Boni Gnahore et feu Lohoré du groupe Sakoloh. Je suis en train de terminer un album dans lequel je rends un hommage particulier aux artistes ivoiriens. Un album dans lequel Lohoré chante lui-même des titres de François Lougah. Il y aura aussi des compositions inédites de Lohoré dont l’enregistrement a été fait peu avant sa disparition.

Par Serge Grah

GNADOU 04.09.2011 0 1928
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