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G.G VICKEY L'EXALTE ! Par COUAO-ZOTTI Florent

KHADHORMEDIA A LA PROFONDE DOULEUR D’ANNONCER LE DECES, CE MERCREDI 15 MAI 2013, DE PA’PA GG VICKEY, LE PLUS GRAND, LE PLUS TALENTUEUX, LE GENIE DE TOUS LES TEMPS, LE ROI DE LA MUSIQUE KHADHOR’ ET DU PANAFRICANISME. L’INTÈGRE, L'INTRAITABLE, L'ENGAGEMENT PERSONNIFIE !


KHADHORMEDIA ADRESSE SES CONDOLEANCES LES PLUS EPLOREES A SA FAMILLE, AU BENIN, LE PAYS QUI L’A VU NAÎTRE, A L’AFRIQUE TOUTE ENTIERE SANS OUBLIER TOUS SES NOMBREUX FANS.





GG Vickey s’en est allé à 69 ans


GG VICKEY EN MUSIQUE ! / VIVE LES MARIES !

TOU TOU GBOVI / TOI, QUI VIENS DE NAITRE

Il y a quelque temps, je rencontrais, avec un ami, GG Vikey dans sa villa de Calavi, une des banlieues populaires de Cotonou. Quand je lui ai fait savoir que je voulais réaliser un documentaire sur lui et sur sa carrière, il a paru embarrassé, puis a manifesté du bout des lèvres son accord. Des dates avaient été alors fixées pour qu'il me raconte par le menu sa vie et ses souvenirs. Mais aucun des rendez-vous n'a jamais pu être tenu. Motif ? L'auteur de « le lac Ahémé » évoquait à chaque fois mille et une raisons pour repousser notre entretien. A la vérité, il n'avait strictement rien à rebattre de sa vie artistique passée. Comme si, remonter le temps, revisiter ses souvenirs, faire revivre ses succès d'antan, ne lui rapporterait que des regrets. On a l'impression que des plaies liées à cette période restent toujours ouvertes et qu'il ne veut, en aucun cas, les faire saigner à nouveau.

SUR LE LAC AHEME

Et pourtant, GG Vikey demeure une icône. Non seulement pour la chanson, mais également pour sa poésie ; une poésie simple, traversée par un puissant souffle et une sensibilité extraordinaire. De lui, on disait qu'il avait le ton de Georges Brassens, le lyrisme de Otis Reading, mais surtout l'autodérision des gens de chez lui. Toutes choses qui ont fait de lui l'un des musiciens africains les plus talentueux de sa génération.


MERCI A TOUS

Et pourtant, sa carrière n'a tenu que sur dix ans. Dix ans (1964 et 1974) riches et prolifiques entièrement dévoués à la musique. Retour sur un parcours, sur la vie de ce « gentleman » qui a renoncé trop tôt à la gloire…et à la musique.

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Enfance

Novembre 1944.

MON FRERE DE L'AUTRE BOUT

Alors qu'en Europe, les troupes alliées lancent leurs derniers contingents pour défaire l'armée hitlérienne sur tous les fronts, naît à des milliers de kilomètres de là, dans une colonie française, le Dahomey, un petit enfant nommé Gustave Gbénou Vikey. Il est originaire de la sous-préfecture d'Athiémé, précisément du village Bopa, petite commune du sud-ouest du pays.

VIVE LES MARIES

Vikey est un enfant fort espiègle. Son père souvent absent - parce que cultivateur - c'est à sa mère, vendeuse au marché à qui revient son éducation.

A l'époque coloniale, l'école était presque gratuite. En 1950, quand il atteint l'âge de six ans, le petit Gustave, accompagné de sa mère, est inscrit à l'école primaire publique de Bopa. C'est là qu'il fera toutes ses classes avant d'obtenir son certificat d'études primaires en 1955.

MON FRERES DE L'AUTRE BOUT

Avec une bourse de l'éducation nationale, Gustave se retrouve au lycée Victor Balot à Porto-Novo. C'est le plus grand établissement scolaire du Dahomey, là où est formée l'élite du pays. Le jeune Vikey, en régime d'internat, aime souvent se retirer les soirs d'insouciance, pour jouer à la guitare. Bientôt, avec ses camarades, il forme le premier orchestre de musique moderne du lycée.

VA-T'EN DONC !

En avril 1960, après les congés de Pâques à Bopa, Gustave Gbénou emprunte une pirogue pour Sègbohouè d'où un train devrait le ramener à Porto-Novo. Pendant la traversée, raconte Gilles Salla son ami et producteur antillais, « il est subjugué par les scènes des piroguiers et des pêcheurs sur le lac Ahémé. L'âme poétique de l'élève en est flattée ». Il compose sa première chanson « sur le lac Ahémé ».

L'Etudiant admirait Aznavour et Brassens, mais…

VOTEZ VICKEY !

Le 1er août 1960, le Dahomey devient indépendant. Mais la tradition qui veut que les meilleurs élèves soient envoyés en métropole pour poursuivre leurs études, n'est pas abandonnée pour autant. C'est ainsi qu'après son bac, Vikey se retrouve en France le 2 septembre 1962, précisément au Havre où il s'inscrit à l'Ecole Supérieure de Commerce.

VICKEY AU ROYAUME DE DIEU

En été de l'année d'après, il se rend à Paris, profitant des vacances pour travailler et se faire un peu d'argent. L'époque est dominée par les chansons de Brassens et d'Aznavour. A la radio, à la télévision, et même à l'Olympia - salle mythique de spectacles - il y en avait que pour les deux stars. Le jeune homme les admirait certes, mais il préférait ses propres compositions.

TOU TOU GBOVI

Dans le bureau où il est engagé, Gustave chante à longueur du temps les chansons de son répertoire. Un fonctionnaire qui est dans le service, agacé de l'entendre ainsi, lui suggère d'aller faire une audition dans une maison de disques qui produit de la musique exotique. A la sortie, Vikey se rend à l'adresse indiquée, rue Richelieu. Celui qui le reçoit, un certain Gilles Sala, chanteur et également producteur aux studios Riviera, lui offre sa première chance.

TOI, QUI VIENS DE NAITRE

Subjugué, Sala découvre des airs étranges, gais et presque mièvres, mais enracinés dans les réalités du terroir africain. Il fait signer aussitôt à l'auteur un 45 tour. Mais pour le marketing, on abrège le nom et le prénom par leurs initiales GG, et on y ajoute Vikey.

JEANNETTE

La carrière

Sur le disque, figurent quatre chansons : « Sur le lac Ahémé », « Le Mal du pays », « Ma petite Jeanne », « Laisse-moi t'embrasser ». Mais de tous ces morceaux, c'est « Sur le lac Ahémé » qui est plébiscité. L'accueil au Dahomey et dans la communauté noire de Paris est enthousiaste. L'année qui suit, c'est-à-dire en 1964, la jeune vedette passe à la vitesse supérieure avec un super 45 tour, l'inoubliable disque « gentleman Vikey », l'album de tous les records.

JE TE REVOIE ETOILE

En fait, « gentleman Vikey » est une composition d'un musicien nigérian Bobby Benson intitulé « gentleman Bobby ». Bobby était à l'époque un grand musicien, chef d'orchestre (Bobby Benson and his Combo) qui a imposé le high life nigérian.

HOMMAGE A FASSELI

En reprenant le morceau fétiche « gentleman Bobby », Vikey lui donne une connotation particulière, faisant de son personnage l'éternel séducteur que s'arrachent les femmes. L'album est numéro 1 au hit parade africain, de 1965 à 1968 !

GENTLEMAN VICKEY

Avec cet enregistrement, le jeune étudiant a de quoi s'offrir un voyage sur sa terre natale. Héros d'une musique populaire, ses retrouvailles avec le Dahomey seront ponctuées de concerts aussi bien à Cotonou, à Porto-Novo qu'à Lomé. Désormais, ses fans se recrutent un peu partout en Afrique.

GLOIRE A TOI, PEUPLE AFRICAIN

Après le Havre, et Toulouse, Vikey poursuit ses études à l'Ecole Supérieure de Commerce d'Amiens où il obtient son diplôme en 1967. Entre-temps, il enregistre son troisième album « vive l'Afrique », puis un quatrième « Vive les vacances », puis un cinquième « va-t'en donc ».

FAIS-TOI, PLUS BELLE !

Le militant et le clerc

Si le musicien est un observateur attentif de son milieu, il reste, avant tout, un militant de la cause noire. Bien même avant d'aller en France et de s'inscrire dans le courant de pensée des poètes de la Négritude, GG Vikey célèbre déjà les valeurs de la civilisation africaine, contrairement au négationnisme de l'Afrique que prône la colonisation. Arrivé en France, ce sentiment se renforcera par la lutte que mènent les intellectuels, les écrivains et les artistes de la diaspora. D'ailleurs, il insiste pour qu'on mette sur ses premières pochettes le surnom de « chantre de la négritude »

ATTENTION, SURVEILLEZ VOS FEMMES !

A l'époque, les rythmes dominants en Afrique étaient le high life ghanéen, la rumba congolaise et le calypso caribéen. GG Vikey était partagé entre ces trois rythmes. Fallait qu'il trouve le juste milieux ou alors les adapter à sa musique.

DAVI KE VA LE YIA

Il fera le choix du high life à la sauce dahoméenne. Un rythme en deux temps, battu par une tumba, joué par petites touches avec parfois de petits roulements. En fond sonore, des notes d'accompagnement que domine, de temps en temps, la guitare solo.

VIVE LES MARIES

Dans toutes ses compositions inoubliables, GG Vikey y déploie son talent d'observateur attentif de la vie quotidienne de l'Afrique profonde. Une Afrique dont il exalte les valeurs et les multiples facettes.

TOU TOU GBOVI

Mais dans toutes ces chansons, il y a toujours en arrière plan, des préoccupations politiques. L'artiste aborde des thèmes graves comme la décolonisation de l'Afrique, l'apartheid dont le continent, en sa partie australe, était encore l'objet. Avant tous les artistes, GG Vikey avait chanté la roue qui tourne.

TOI, QUI VIENS DE NAITRE

Mais le thème récurrent de GG Vikey, c'est l'Afrique positive, les paysages enchanteurs, les joies, les peines, toutes les étapes de la vie : de la naissance à la mort, en passant par le mariage.

VOTEZ VICKEY !

Tout le monde se reconnaît dans ses chansons et dans ses textes. Les familles ont adopté « Dieu te bénisse » pour le baptême de leurs nouveaux-nés. Dans les cérémonies de mariage, on joue « vive les mariés ». Les mères, pour endormir leurs enfants, fredonnent « la berceuse du Mono ». Pour tourner en dérision les vantards et les grands bouffis de ce monde, on chante volontiers « Vikey est mort ». Les révolutionnaires, eux, ont élu « la roue tournera » comme leur hymne. Bref, une variation de thèmes et d'inspiration qui est parvenue à emporter l'adhésion de tous.

VICKEY AU ROYAUME DE DIEU

Au total, GG Vikey a sorti six 45 tours, un trente tour avec une quarantaine de chansons.

Incompréhensible sortie

Mais le héros va vite se taire. Prolifique dans sa jeunesse, très inspiré pendant ses années d'études, Vikey va progressivement arrêter son rythme de composition en même temps que ses apparitions en public. Il a fait des études de commerce et de comptabilité. Engagé à la fonction publique en juin 1968, il commence à occuper des postes de responsabilité dès 1970. Notamment comme Chef contrôle des prix au ministère des finances, puis chef de production industrielle. Directeur général de la Loterie Nationale, directeur d'ungrand hôtel appartenant à l'Etat, puis directeur des loisirs au ministère du même nom. Désormais, il est un haut fonctionnaire de l'Etat, obligé, semble-t-il, de tenir son rang. Mais on raconte aussi que des problèmes personnels liés notamment à sa vie de famille, lui ont sapé le moral et éloigné du monde musical.

MON FRERE DE L'AUTRE BOUT

GG Vikey devient sombre, enfermé sur lui-même et solitaire. Bien vite, on le soupçonne de dépression. Il redevient un simple fonctionnaire du ministère de l'économie affecté dans les poussières d'un bureau où on l'appelle « doyen ». Des producteurs tentent de l'arracher à l'anonymat et lui proposent des remakes de ses anciens morceaux. Des remakes faits avec des instruments à vent, et sur des rythmes « cavacha » à la congo-zaïroise. Malgré des prestations honorables, son nouveau disque ne soulève pas les foules. Il semble que le héros ait déjà tout dit. C'est alors qu'il fut admis à la retraite.

GENTLEMAN VICKEY

GG Vikey aujourd'hui

Le répertoire de GG Vikey est une mine d'inspiration pour la nouvelle génération de chanteurs et musiciens béninois. Certains morceaux sont devenus carrément des classiques, objets de reprises et de réadaptations des artistes d'ici et d'ailleurs.

ATTENTION, SURVEILLEZ VOS FEMMES !

Si Poly Rythmo, l'orchestre légendaire des années soixante dix et quatre-vingt, a repris « la berceuse du Mono » sous le titre de « toutou gbovi », Angélique Kidjo portera à l'internationale le même morceau mais en a capella sur son album Voodoo Child. Les H2O, quant à eux, produiront une version hip hop de « davi », tandis que le groupe Akpouké s'appropriera « no ahué » dans un style high life plus moderne. Même la fanfare de la gendarmerie nationale reprend régulièrement ses chansons lors des défilés militaires.

JEANNETTE

Alors que les musiciens qui se retirent de la scène sont oubliés de la mémoire collective, GG Vikey, lui, avec les années, acquiert de la dimension et une stature de plus en plus grande. Un peu partout en Afrique, aux Antilles, en France, le héros est régulièrement invité. Pour recevoir les compliments, les prix et les trophées des mélomanes qui lui rendent encore hommage.

FAIS-TOI, PLUS BELLE !

Appelé de temps en temps en studio pour participer aux reprises des morceaux à succès des années soixante et soixante-dix, GG Vikey montre à chaque fois que sa voix est demeurée intacte, que le souffle poétique vibre toujours dans ses entrailles, exactement comme une pépite d'or qui ne cessera de briller. En 2005, le troisième tome de Bénin passion lui a rendu hommage, à travers la plus emblématique de sa chanson « Gentleman Vikey ».

VIVE LES MARIES

Quelques chansons de Vikey 

Publiées entre 1963 et 1970, les chansons du Gentleman sont le fruit de sa passion jubilatoire pour sa terre natale. Ses vers, souvent libres, mais parfois rimés, sont articulés avec un souci de musicalité. Les mélodies qu’il parvient à arracher à sa guitare, viennent en amplifier la sonorité. Ajouté à ça, ses jeux rythmiques dont les principaux restent le high life, le calypso et les ballades. Ici, nous présentons deux courts échantillons de ses textes.C’est un bonheur que de l’écouter.

« Sur le lac Ahémé »

SUR LE LAC AHEME

Refrain

Qu’il est gai de voguer /Sur le lac Ahémé/Quand le temps est serein/Fredonnant un refrain I I-Sur l’eau calme et limpide/ La barque va très vite/ Un soleil éclatant/Apparait au levant/ Les pêcheurs enjôlés/ Déployant leurs filets /Entonnent des chansons/Capturent les poissons

II-Un charmant paysage/ Se voit depuis le large /Une verte cité /Encadre l’Ahémé

Plusieurs arbres fruitiers/ Palmiers et cocotiers/Forment un grand royaume/ Qu’ils couvrent de leur dôme

III-Au loin, Bopa tout calme/Disparait rame à rame/On entend plus ces bruits/Il semble qu'il nous fuit/

Le rivage opposé/ Semble nous espérer/Des baigneurs, par leurs cris/Semblent nous accueillir

GENTLEMAN VICKEY

Gentleman Vikey

I-Je suis le gentleman Vikey GG / J’aime beaucoup voyager/ Et je chante partouT/ Les merveilles de l'Afrique/

L'Afrique est un grand pays/Le soleil brille tous les jours/Et moi je m’y promène/La guitare sous le bras

Refrain

Attention ! Surveillez vos femmes/Attention ! Surveillez vos filles /Quand elles entendront mon calypso /

Vos filles me suivront tous les jours

II-Je pince les cordes de ma guitare/Une dame vient m’embrasser/Son mari un ami/Me regarde méchamment

Mais la dame est amoureuse de moi/Elle n'a d'yeux que pour moi/Elle dit à son mari/Coquin je ne veux plus de toi

III -Mais moi je suis un gentleman/Au lieu de vous faire pleurer/Je préfère semer/La joie dans tous les coeurs

Je réconcilie les époux/Et je leur dis adieux/Je pars pour d'autres lieux/ Pour d'autres aventures/Pour d’autres aventures

G.G Vickey en musique

VIVE LES MARIES !

KHADHORMEDIA 16.12.2010 2 19134
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    SOUVENIR D'UN ARTISTE : GG VICKEY, Un souffle qui s'amenuise ... Écrit par Florent Couao-Zotti (Libre opinion) Samedi, 11 Septembre 2010 10:24 A la sortie-Est du RER, juste après la gare de bus, se dresse un bâtiment blanc, l’hôpital privé d’Antony, éclairé par un soleil presque estival. Dans cet après-midi de 3 juin, Georges Vikey, le fils aîné de la famille me conduit dans cet établissement où son père est interné depuis près de six mois. J’ai connu Georges par le net, dans un message envoyé sur mon blog où je tentais de reconstituer la vie de GG Vikey, peu disert sur ce qu’a été son parcours artistique. Depuis, nous sommes devenus amis et à chaque passage à Paris, je lui demande des nouvelles de son père. Ce jour-là, il a décidé de m’emmener le voir et constater par moi-même l’évolution de son état. Dans cet hôpital privé où, paraît-il, les soins sont d’une extrême efficacité, tous les espoirs sont permis. Au deuxième étage, nous empruntons le premier couloir de droite. Les numéros de chambres défilent en decrescendo. Au 112, Georges s’arrête, jette un œil par la porte entrebâillée. « C’est ici », me dit-il. Au fond de la pièce, sur un lit au chevet sanglé, est étendu un petit corps amaigri enveloppé aux trois quarts de blanc. On se consulte du regard. Une infirmière qui passait dans le couloir nous invite à y entrer. D’ailleurs, c’est l’heure des visites. Lentement et avec beaucoup de précaution, nous franchissons le seuil de la pièce. C’est une chambre individuelle équipée de sonnerie, de poste-téléviseur et de tous les gadgets pouvant permettre d’alerter les infirmiers sans effort. GG Vikey, méconnaissable sous tous les angles, est endormi. Il est pâle, vieilli, avec de grosses poches sous les yeux, des bajoues près du menton. Mais comme un enfant qui dort, il a l’air serein. Georges l’appelle, mais n’ayant pas de réponse, il lui prit la main et, légèrement, le secoue. Le geste est répété trois fois. Au bout du énième, le malade émit enfin un bruit sourd comme s’il grommelait, puis ouvrit l’œil droit. « C’est moi, papa », refait le jeune homme, « c’est Georges, comment vas-tu ? Tu arrives à bouger le bras ? Non ? Et le pied droit ?» Ses réponses sont inaudibles. Le fait-il exprès ou c’est parce qu’il est diminué par la maladie ? Au bout de l’échange, Georges lui signale ma présence. « Couao-Zotti », réagit-il aussitôt, « ça va ? ». Il me parle en mina, la langue par laquelle nous communiquons souvent. Ses mots sont hachés, faibles, mais restent d’une grande lucidité. « Il ne faut pas le fatiguer », me souffle Georges, « les grands malades ne supportent pas longtemps les causeries qui les usent». Le jeune homme a raison, il est temps de le laisser se reposer. Au même moment, GG Vikey a un petit sourire à mon endroit, me souhaite le meilleur et glisse de nouveau dans la somnolence. La visite a duré à peine un quart d’heure. En sortant de ce luxueux complexe hospitalier, je n’ai pu m’empêcher de me risquer à une comparaison : celle de GG Vikey que j’ai toujours connu debout, artiste éternel dont les mélodies inondent le cœur de millions de gens et ce malade impotent, méconnaissable et extrêmement fatigué que j’ai vu. L’artiste ne l’avait pas certes chanté, mais il le dirait volontiers : que « la maladie est le pire ennemi de l’homme ». Car les affections (crise d’hypertension, accident cardio-vasculaire, hémiplégie), ne l’ont pas épargné, lui qui, depuis toujours, a réussi à triompher de tout. GG Vikey est pris en charge par l’état béninois. Si l’évolution de la maladie semble stationnaire, les soins eux, sont continus. « Mon père aurait pu vite guérir et recouvrer l’usage de ses membres s’il s’était montré un peu plus volontaire dans la rééducation, fait remarquer Georges. Mais il est ce qu’il est, on ne peut plus le changer ». Florent Couao- Zotti
     
     24.11.2010 
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  •  KHADHORMEDIA: 
     
     
     24.11.2010 
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